grâces qu'il a souscrit le billet de 6,000 livres au profit de la répondante et s'il n'est pas vrai aussi qu'elle ne lui en a jamais fourni la valeur en espèces ?
A répondu que ce n'est pas pour tout cela que ledit sieur Pujot a souscrit un billet de 2,000 écus à son profit et qu'elle lui en a fourni la valeur en espèces.
Interrogée d'office quels motifs ont pu la déterminer à prêter une somme aussi considérable à un jeune homme qu'elle ne connoissoit que depuis très-peu de tems et qui, par le billet qu'il lui faisoit, annonçoit l'impuissance où il étoit de pouvoir lui rendre cette somme, que dans des circonstances fort éloignées et à une indication d'époque qui répugne aux bonnes moeurs, circonstances qui toutes tendent à faire croire que le prêt qu'elle paroît avoir fait de six mille livres, n'est que simulé ; sommée de nouveau de déclarer si le prêt est vrai ou faux et si elle entend s'en faire payer ?
A répondu qu'elle a donné les six mille livres, audit sieur Pujot et qu'elle entend s'en faire payer.
Interrogée quel avantage elle pouvoit espérer de tirer d'un pareil sacrifice, surtout la somme prêtée ne portant pas d'intérêt et l'ouverture du remboursement étant fort incertaine ?
A répondu que le remboursement n'étoit que reculé, mais n'étoit pas incertain ; que si elle n'a pas stipulé d'intérêts, c'est qu'elle n'entendoit pas les affaires.
A elle représenté d'office que le sieur Pujot n'étoit pas même dans le cas d'avoir besoin d'argent puisque, lors de son décès, au nombre des effets de sa succession, il s'est trouvé deux billets l'un de 4,500 livres, l'autre de 3,000 livres sur des particuliers très-solvables, et que, s'il eût eu besoin d'argent, il se seroit servi de ses propres fonds ou eût eu recours à sa famille, avec laquelle il a toujours été intimement lié, plutôt que d'emprunter à une étrangère ?
A répondu qu'elle n'est pas obligée de savoir ses affaires ; qu'au surplus il y a quatre ans d'intervalle de la date du billet à l'époque de sa mort ; qu'elle a réellement prêté l'argent qu'elle demande.
Interrogée pourquoi elle n'a pas fait d'opposition aux scellés apposés après le décès dudit sieur Pujot et pourquoi elle n'a formé sa demande qu'au bout de six mois sans se présenter à aucun des héritiers ou des parens ?
A répondu qu'elle n'a su sa mort que dans le tems où elle a formé sa demande.
Si elle a eu connoissance du genre de mort du sieur Pujot ?
A répondu que non.
A quoi elle peut l'attribuer vu la foiblesse de ses organes et de son caractère ?
A répondu qu'elle n'en sait rien.
Si ce n'est pas même à la rupture de ses liaisons avec elle ?
A répondu qu'elle ne l'avoit pas vu depuis longtems.
A quelle date elle a reçu la lettre à elle ci-dessus représentée ?
A répondu qu'elle ne se rappelle pas avoir reçu rien de semblable.

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