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officier du Roi et appelant la maison du Roi à son secours, le mari de la plaignante étant venu, l'épée dudit particulier auroit été cassée, icelui particulier en entrant dans ledit jeu ayant donné plusieurs coups à la dame Martin, gagiste d'elle plaignante, qu'il auroit grièvement blessée étant enceinte, icelui particulier ayant fait beaucoup de violences et désordre dans ledit jeu en sorte que quantité de personnes se retirèrent, plusieurs entrèrent sans payer et ayant causé à la plaignante et son mari beaucoup de dommage, n'ayant osé s'en plaindre à cause qu'il s'est dit officier du Roi. Et cejourd'hui, environ les neuf à dix heures du matin, la plaignante étant en sa chambre sur ledit Pont-au-Change, elle avoit été surprise d'y voir entrer ledit particulier avec un autre particulier à elle inconnu ; lesquels auroient dit à la plaignante qu'ils vouloient qu'elle fit remettre une lame neuve à son épée au lieu de celle qui fut cassée le jour d'hier, elle auroit vu que sept autres particuliers, tous en épée et se disant tous officiers, seroient entrés dans ladite chambre en menaçant la plaignante et ledit Bertrand, son mari, qui n'étoit lors à la maison ; en sorte que la plaignante, pour éviter les menaces dudit particulier et huit complices, fut obligée de faire mettre une lame neuve à ladite épée par le nommé Landier, maître fourbisseur, auquel elle a promis de payer le prix. Lesquels particuliers, après que ladite lame a été mise à l'épée dudit particulier qu'elle a appris depuis se nommer Levacher et être clerc de notaire, ledit Levacher et huit particuliers qui l'accompagnoient s'en seroient allés. Et d'autant que ce procédé est intolérable, s'est retirée par-devers nous pour nous rendre plainte du contenu.

Signé : BOURDON.

(Archives des Comm., no 10.)

II

Le mercredi 16 février 1707, sept heures du soir, en conséquence du réquisitoire fait à nous Charles Bizoton par les sieurs Poisson et Dufey, comédiens, tant pour eux que pour les autres comédiens de la troupe du Roi, sommes transporté, assisté des sieurs Biétrix et Larcher, dans la loge du nommé Alexandre Bertrand dans le préau de la foire ; où étant, avons remarqué qu'après la danse de corde l'on a levé une toile qui sert de séparation du théâtre au parterre et aussitôt est paru sur ledit théâtre un arlequin, un scaramouche et un docteur qui ont commencé à jouer une pièce intitulée: la Fille capitaine (1), laquelle pièce a été jouée en entier par tous les acteurs qui composent ladite pièce avec les intermèdes et des danses de paysans. Et après

(1) Le véritable titre de cette mauvaise pièce est : la Fille savante, ou Isabelle fille capitaine. Elle est toute en monologues.


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See also:
Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
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