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qui faisoit des violences. Que ledit particulier se seroit débattu contre eux et auroit excité la populace de se jeter sur eux. Que voyant qu'il n'étoit pas en état de se défendre contre la populace qui commençoit à se saisir de pierres pour tomber sur eux, et ledit particulier s'étant jeté sur le fusil d'un de ses soldats pour le lui arracher, dont il s'est même blessé à la joue gauche avec le bout du canon, lui, comparant seroit entré dans la maison dudit sieur Pontau avec ledit particulier et ses deux soldats jusqu'à ce que nous soyons arrivé, ayant appris qu'on nous avoit envoyé requérir.

Est aussi comparu sieur Florimond-Claude Boizard de Pontau, bourgeois de Paris et entrepreneur de l'Opéra-Comique, demeurant en la maison où nous sommes : Lequel nous a fait plainte contre ledit particulier arrêté et dit qu'il y a environ une heure ledit particulier arrêté conduisant sa charrette auroit donné un coup de sa verge au travers du visage d'un de ses garçons, nommé Guimbert, lequel s'étant plaint de la brutalité dudit particulier qui lui auroit entre autres donné un coup de poing dans le dos. Que ledit Guimbert étant rentré chez le plaignant, ledit particulier seroit venu frapper à sa porte avec violence. Que le plaignant lui ayant ouvert, ledit particulier lui auroit dit ces mots : « B..... de Jeanf....., où est ton b..... de garçon que je l'assomme ? » Que le plaignant lui en ayant demandé le sujet, il lui auroit dit ces mots : « Ce n'est pas un f..... gueux comme toi qui m'en empêcheroit. » Pourquoi lui plaignant auroit fermé sa porte sur le nez dudit particulier pour éviter la suite de ses insultes. Que peu de tems après le sieur Favart, voulant sortir de chez le plaignant, auroit trouvé à sa porte ledit particulier arrêté qui se seroit jeté à son visage en lui disant ces mots : « Est-ce toi, petit b..... d'habillé de noir qui voudrois te mêler à la querelle ? » Que le sieur Favart auroit crié au secours, étant tenu par ledit particulier. Qu'à l'instant le nommé François, un de ses garçons, auroit été au secours et auroit reçu un coup de pierre dudit particulier sur l'œil droit. Que lui déposant auroit fait rentrer ledit sieur Favart et ledit François chez lui pour éviter que la populace ne fonçât dans sa maison. Que lui plaignant auroit été surpris de se trouver assailli de pierres dans sa maison, dans ses vitres, et d'entendre dire par ledit particulier à la populace : « Il faut assommer ces b.....- là ! » Qu'il a sur-le-champ envoyé chercher la garde, laquelle étant venue, il auroit par la fenêtre requis le sergent de faire arrêter ledit particulier, lequel s'étant débattu et ayant ameuté la populace pour tomber dessus, il auroit ouvert sa porte pour éviter le danger qui auroit pu arriver si les archers eussent tiré et ils ont fait entrer ledit particulier jusqu'à notre arrivée. Pourquoi il nous rend la présente plainte.

Signé : BOIZARD DE PONTAU.

Est aussi comparu Jean Cousin, maître boulanger à Paris, demeurant faubourg St-Martin, au coin de la rue des Récollets : Lequel nous a fait plainte contre cinq quidams domestiques du sieur Pontau et contre ledit sieur Pontau de ce que, sans sujet, ledit lieur de Pontau a insulté ledit plaignant et a fait


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Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
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