eux leur firent un procès et de part et d'autre furent publiés à ce propos une foule de mémoires et de factums. Enfin, après bien du temps et des contestations sans nombre, le Conseil d'État régla tant bien que mal cette affaire en nommant une commission chargée de la terminer en dernier ressort. Gaillard et Dorfeuille sortirent victorieux de la lutte, et les infortunés directeurs dont ils avaient pris si indûment la place reçurent à peine une maigre indemnité. En 1791, les Variétés du Palais-Royal changèrent de nom et s'appelèrent Théâtre-Français de la rue de Richelieu, puis plus tard Théâtre de la République. C'est actuellement la Comédie-Française.
I
Sur la requête présentée au Roi en son conseil par les sieurs Gaillard et Dorfeuille, locataires pour 15 années du privilége exclusif des spectacles de l'Ambigu-Comique et des Variétés-Amusantes, contenant qu'aux termes du bail fait aux supplians par l'Académie royale de musique le 8 septembre dernier, ils avoient la faculté d'entrer en jouissance dudit privilége pour les Variétés-Amusantes dès le 1er octobre dernier. Par une clause de leur bail, il est dit que les preneurs s'arrangeront si faire se peut et si bon leur semble, avec les propriétaires et les créanciers des Variétés-Amusantes. Cette clause annonçoit l'état des sieurs Malter, Hamoir et Lemercier, alors entrepreneurs de ce spectacle. En effet son exploitation étoit depuis quelques années entre les mains de leurs créanciers unis, auxquels la propriété des salles, habits, décorations et autres objets relatifs à ce spectacle avoit été par eux abandonnée par différens actes et notamment par un du 16 juin 1783 aux termes duquel lesdits créanciers étoient en droit de faire vendre lesdites salles et objets mobiliers composant ledit spectacle sans aucune exception directe ni indirecte dans le cas où ledit spectacle cesseroit soit par insuffisance de recette, soit par force majeure. Les supplians, n'étant assujettis par leur bail à aucun emplacement particulier, pouvoient sous l'agrément du sieur Lieutenant général de police s'établir partout ailleurs. Les créanciers des sieurs Malter et consors qui prévirent combien 1'usage de ce droit leur seroit préjudiciable, firent des démarches auprès des supplians pour les engager à traiter avec eux de leurs droits, ou du moins pour obtenir d'eux qu'ils différassent leur entrée en jouissance jusqu'après la clôture de la foire St-Laurent ; non-seulement les supplians consentirent au délai qui leur étoit demandé, mais encore quoique convaincus que les créances qu'on leur proposoit d'acquérir excédassent la

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See also: Parfaict Mémoires (1743), Le Théâtre de la foire à Paris, Calendrier des spectacles sous Louis XIV The WWW Virtual Library of Theatre and Drama. This project is supported by the British Academy, the AHRB, the UK Higher Education Funding Councils (HEFCE) and Oxford Brookes University, Oxford, United Kingdom. Copyright © 1996-2000 Barry Russell. All rights reserved. barry@foires.net. |