III
L'an 1761, le samedi 19 septembre, deux heures de relevée, en l'hôtel et par-devant nous Denis Gérard, etc., est comparue Marie-Claude Gogué, veuve du sieur Jean-Gilles Quignon, demeurante rue Neuve-St-Denis, stipulant pour Pierre-Hilaire-Joseph Quignon, son fils mineur : Laquelle nous a rendu plainte contre Claude-Pierre Gourliez dit Gaudon et sa femme, tenant spectacle à la foire St-Ovide, et nous a dit que jeudi dernier, 17 du présent mois, entre cinq et six heures du soir, ledit Quignon, étant avec un de ses camarades, près de la loge dudit Gourliez pour regarder dans la loge s'il y avoit encore des places pour voir le spectacle, il a été surpris de se voir frapper d'un coup de marteau au-dessus de la hanche droite qui lui a fait une contusion considérable et dont il ressent actuellement de vives douleurs. Que s'étant plaint à la demoiselle Bonsireba, qui étoit lors chez des personnes de sa connoissance dans la place de Vendôme, elle a averti de cet accident la garde qui s'est transportée dans la loge dudit Gourliez et qui a conduit ledit sieur Quignon, son fils, en notre hôtel et a obligé ledit Gourliez de s'y transporter pour être par nous ordonné ce qu'il appartiendroit. Que ladite demoiselle Bonsireba, sans l'aveu et le consentement de la plaignante, s'est accommodée avec ledit Gourliez pour une somme modique de 6 livres ; au moyen duquel arrangement ledit Quignon n'a porté aucune plainte le même jour. Mais comme depuis il y a tout lieu de craindre que le coup qu'il a reçu n'ait des suites dangereuses et que le chirurgien qui le panse actuellement appréhende qu'il ne se forme un dépôt dans l'endroit où il a reçu le coup, ledit sieur Quignon ressentant de vives douleurs dans le corps, et que la plaignante a intérêt de se pourvoir contre ledit Gourliez et sa femme en dommages et intérêts, elle a été conseillée de nous rendre la présente plainte.
Signé : GOGUÉ.
(Archives des Comm., no 3517.)
IV
L'an 1762, le dimanche 3 janvier, trois heures un quart de relevée, en l'hôtel et par-devant nous François Merlin est comparu Pierre Richer, sergent des gardes de jour et de nuit, de poste au quai de l'École : Lequel nous a dit qu'à la réquisition d'un particulier il s'est transporté dans le cabaret de 1'lle-d'Amour, vis-à-vis le vieux Louvre, où il a arrêté une particulière qui avoit insulté ce particulier et l'a conduite en notre hôtel.
Est aussi comparu Claude-Pierre Gourliez dit Gaudon, entrepreneur de spectacles devant la Colonnade du Louvre, demeurant rue de Bretagne, pa-

|
See also: Parfaict Mémoires (1743), Le Théâtre de la foire à Paris, Calendrier des spectacles sous Louis XIV The WWW Virtual Library of Theatre and Drama. This project is supported by the British Academy, the AHRB, the UK Higher Education Funding Councils (HEFCE) and Oxford Brookes University, Oxford, United Kingdom. Copyright © 1996-2000 Barry Russell. All rights reserved. barry@foires.net. |