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roisse St-Nicolas-des-Champs, lequel nous a rendu plainte contre la particulière arrêtée et dit que ladite particulière, étant au cabaret de 1'lle-d'Amour, s'est répandue en propos injurieux contre l'honneur et la réputation du plaignant et de son épouse, de façon que tout le monde en étoit outré ; que le garçon du plaignant, ayant été audit cabaret, entendit ces mêmes propos et vint aussitôt en donner avis au plaignant qui a sur-le-champ quitté son spectacle, qui est proche de là, et est entré audit cabaret ; qu'il a été indiqué par quelques personnes à cette particulière qui aussitôt attaqua le plaignant et lui dit : « Ah ! c'est donc toi qui t'appelles Gaudon ? » qu'à l'instant elle vomit mille injures contre l'honneur et la réputation du plaignant, qu'il étoit un coquin, un misérable, et sa femme une gueuse, une p...., qu'elle iroit avec trente personnes de sa connoissance faire sauter son spectacle et qu'il auroit affaire à elle ; que ces menaces sont d'autant plus à craindre pour le plaignant que cette femme est la première de toutes les revendeuses qui se mettent sur cette place et qu'elle est capable, par ses cabales, de faire insulter le plaignant par elle-même ou par d'autres de sa connoissance. Pourquoi il l'a fait arrêter.

Signé : GOURLIEZ dit GAUDON.

Pourquoi nous commissaire, etc., avons fait amener par-devant nous ladite particulière arrêtée, qui a dit se nommer Elisabeth Pinguet, femme de Nicolas Michel, domestique du sieur Guignasse, elle, revendeuse, demeurant rue des Fossés-St-Germain-l'Auxerrois, et après l'avoir entendue, nous avons ordonné qu'elle sera, comme de fait elle a été relaxée.

Signé : MERLIN.

(Archives des Comm., no 2249.)

V

L'an 1762, le 18e jour de janvier, trois heures après midi, en l'hôtel et par-devant nous François Merlin, etc., est comparu Pierre Massi, sergent de garde de poste de nuit au quai de l'École : Lequel nous a dit qu'à l'instant ayant été requis, il s'est transporté dans un cabaret à 1'lle-d'Amour, rue du Petit-Bourbon, où à la réquisition du sieur Gaudon, tenant le jeu des sauteurs au-devant de la Colonnade du Louvre, il a arrêté et fait venir avec lui quatre particulières revendeuses qui lui ont été indiquées par ledit Gaudon pour l'avoir insulté suivant le complot que plusieurs d'entre elles ont fait de nuire audit Gaudon, plaignant.

Est aussi comparu Claude-Pierre Gourliez dit Gaudon, entrepreneur du spectacle des danseurs de corde au-devant de la Colonnade du Louvre, demeurant rue de Bretagne : Lequel, ajoutant à la plainte qu'il a ci-devant rendue contre plusieurs revendeuses, nous a encore rendu plainte contre les 4 particulières arrêtées et nous a dit que, par une suite du complot qu'elles


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Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
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