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Marie-Anne a été appelée vulgairement dans le public mademoiselle de Laprairie. Plus dépose qu'elle a été dans le cas de voir plusieurs personnes de Nanci et que toutes ces personnes lui ont dit que madame Audinot étoit de Nanci. Qu'elle a même vu, à Paris, chez elle déposante, le père de ladite femme de Laprairie. Qu'il s'appeloit M. Cailloux ; qu'il étoit de Nanci et qu'il lui a dit que madame de Laprairie étoit sa fille. Observant qu'elle a connoissance que ladite femme de Laprairie, que l'on appeloit toujours madame Audinot, se sépara dudit sieur Audinot lorsqu'ils demeuroient encore grande rue du faubourg St-Denis et que ce n'est que depuis cette séparation que ladite femme de Laprairie a été demeurer rue Villedo, etc.

Signé : GILBERT ; JORON.

Marie-Madeleine Aubert, veuve de Louis Morisan, sculpteur du Roi, demeurant à Paris, grande rue du faubourg St-Denis, paroisse St-Laurent, âgée de 69 ans, etc. : Dépose que vers 1761 ou 1762, elle avoit mis un écriteau devant la porte de la maison qu'elle occupoit alors et qu'elle occupe encore aujourd'hui grande rue du faubourg St-Denis, pour la location d'un appartement dépendant de ladite maison, avec jardin. Que ledit Audinot se présenta avec une particulière pour louer cet appartement. Que la déposante, après quelques difficultés parce qu'elle craignoit que cette particulière ne fût pas la femme dudit Audinot, leur loua enfin cet appartement. Que ledit Audinot et ladite particulière, que l'on nommoit madame Audinot, ont occupé ledit appartement pendant sept à huit ans. Que ladite particulière y menoit une vie fort exemplaire, travaillant pour le ménage et même travaillant pour le public pour subsister plus commodément. Que lorsqu'ils sont entrés dans l'appartement ils avoient une petite fille avec eux qu'ils appeloient Marie-Anne, et environ un an après ils retirèrent de nourrice une petite fille qu'ils amenèrent dans l'appartement et qu'ils appeloient Eulalie. Que quelque tems après ledit Audinot alla à Lyon et pendant son voyage ladite particulière, que l'on appeloit madame Audinot, lui avoua qu'elle n'étoit pas mariée avec ledit sieur Audinot ; qu'elle s'appeloit madame de Laprairie et qu'elle étoit femme du sieur de Laprairie, architecte à Nanci. Que son mari étoit un ivrogne qui l'avoit maltraitée et qui avoit voulu la jeter par la fenêtre et que c'étoit pour cette raison qu'elle avoit consenti que ledit Audinot l'amenât à Paris et que même sa famille y avoit aussi consenti. Que ladite Marie-Anne étoit sa fille et du sieur de Laprairie et que ladite Eulalie étoit fille du sieur Audinot et d'elle. Que depuis la femme dudit de Laprairie lui a dit que ledit Audinot et elle avoient été sur le point de se marier. Qu'à cet effet ledit Audinot avoit fait venir de Nanci les papiers nécessaires. Que le mariage n'avoit pas pu se faire et que quelque tems après ladite femme de Laprairie ayant voulu renouer le mariage, ledit sieur Audinot n'a plus voulu ; ce qui a déterminé ladite femme de Laprairie à quitter ledit Audinot. Plus dépose que jusqu'à cette séparation ladite Eulalie a toujours demeuré dans la maison comme leur fille. Et enfin dépose qu'elle a connoissance que ladite femme de Laprairie,


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Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
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