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ment accueillies, elles tiennent le premier rang dans l'ordre de ses propriétés. Il est d'autres ouvrages que le suppliant a consacrés à son spectacle. Ceux-là, pour lui être moins chers, n'en sont pas moins à lui. On conçoit qu'il veut parler de la musique et des pièces qu'il a achetées des auteurs. Non-seulement il les a payés, mais encore elles lui ont coûté bien des peines et des soins ; il les a presque toutes remises au creuset et les a soumises aux épreuves des représentations particulières ; il les a souvent retirées des représentations publiques pour les faire perfectionner. Ce n'est pas tout ; sur vingt pièces acquises au plus haut prix, souvent il ne lui en est pas resté une qui fût agréable au public ; et cependant un répertoire composé de l'élite de ces productions n'a pas été pour lui une propriété privilégiée, elle lui a été enlevée sans formalité, sans même qu'il en fût prévenu. Ses adversaires ne se sont pas contentés de le supplanter, de lui ravir son état, de lui refuser les indemnités qu'exigeoit sa situation, il leur falloit encore son bien. Ils le lui ont pris et en jouissent frauduleusement aux yeux de toute la capitale, sous l'inspection la plus immédiate de la police et des lois, et paroissent ne pas plus redouter leur sévérité que les plaintes du suppliant. Cependant, si l'on parcourt les annales des théâtres françois et étrangers, on ne voit nulle part qu'aucun d'eux ait osé employer les pièces qu'ils n'avoient pas acquises ; au contraire, on les voit constamment respecter les propriétés avec la plus scrupuleuse exactitude. Nous citerons quelques exemples pour justifier la réclamation du suppliant. Lorsqu'on interdit les pièces dramatiques au Théâtre-Italien et qu'il fut restreint aux seules pièces analogues à son institution primitive, les comédiens françois crurent avoir le droit, non de s'emparer des productions devenues inutiles à ce spectacle, mais de les acquérir moyennant un prix proportionné à leur valeur ; mais leurs demandes, quoique honnêtes, furent rejetées par les supérieurs qui ne purent déterminer la Comédie-Italienne à renoncer à ces propriétés. Elle les a conservées avec avantage puisque le jeu des pièces françoises a été rendu à leur théâtre. L'Opéra-Comique fut réuni à la Comédie-ltalienne, et l'on sait qu'elle ne put se dispenser de payer au sieur Corbi, directeur de ce spectacle, pour le prix de son répertoire, une pension de 8,000 liv. réversible sur la tête de sa femme. Le spectacle des élèves de l'Opéra fut supprimé il y a quelques années, et cependant les autres théâtres n'ont osé faire exécuter aucune des pièces de son répertoire. Les propriétaires de ces productions les ont conservées paisiblement, malgré l'avantage qu'elles auroient procuré aux directeurs de ces théâtres s'ils eussent été aussi hardis et aussi injustes que les sieurs Gaillard et Dorfeuille. Requéroit à ces causes le suppliant qu'il plût à Sa Majesté et à nos seigneurs du conseil, sans s'arrêter ni avoir égard à l'arrêt d'évocation du 5 mai de cette année, renvoyer les demandes et contestations qui en sont l'objet devant les juges qui en doivent connoître, et, dans le cas où Sa Majesté jugeroit à propos de se réserver la connoissance desdites contestations, condamner les sieurs Gaillard et Dorfeuille à payer au suppliant : 1ºla somme de 80,000 liv. à laquelle il s'est restreint tant pour l'éviction qu'il a  


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See also:
Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
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