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avec lesdits écriteaux jusqu'à la fin. Dont et de tout ce que dessus nous avons fait et dressé le présent procès-verbal.

Signé : AUBERT.

(Archives des Comm., no 3367.)

XVI

L'an 1718, le mardi 8 mars, 5 heures du soir, nous Nicolas-François Ményer, etc., sur le réquisitoire de dame Catherine Vondrebecq, femme non commune en biens de messire Pierre Chartier, conseiller au Châtelet, contenant qu'au préjudice du privilége qu'elle tient des intéressés en l'Académie royale de musique d'avoir à l'exclusion de tous autres et de tenir des opéras comiques pendant le cours des foires, le sieur de St-Edme, qui tient une troupe de danseurs de corde dans le préau de la foire St-Germain-des-Prés en un jeu proche la porte de la Treille, fait plusieurs entreprises sur ledit privilége et que, pour constater ce qui peut y être en contravention, elle a intérêt qu'il soit fait par nous un procès-verbal de ce qui sera représenté, nous sommes transporté dans ladite loge, où étant nous avons trouvé que le jeu commence par plusieurs danses sur la corde où plusieurs hommes et femmes et enfans dansent les uns après les autres, parmi lesquels est une Italienne qui, en dansant sur la corde, fait différens exercices avec deux drapeaux qu'elle tient en ses mains. Ensuite se tire une toile et paroît un théâtre qui représente un désert et dans l'enfoncement des montagnes au haut desquelles on voit le soleil. Paroît dans l'instant un Arlequin qui, par des gestes et des figures pantomimes, exprime son désespoir causé par sa pauvreté et les rigueurs d'une femme qu'il aime, et veut s'étrangler. Un solitaire, qui se trouve dans ce désert, l'en dissuade et l'engage à consulter une enchanteresse nommée Urgande qui fait sa résidence dans ces lieux. Du fond d'une caverne sort Urgande accompagnée de deux filles, laquelle, voyant Arlequin, invoque les esprits malins, et d'une caverne et des montagnes sortent plusieurs sauteurs vêtus en démons qui font plusieurs sauts. Urgande, après les avoir consultés, fait connoître à Arlequin son origine, qu'il est fils du soleil et d'une actrice de l'Opéra de Venise et que sa mère l'a exposé. Ensuite la lueur du soleil disparoit du haut des montagnes en tirant des toiles et le soleil descend de son char à quelque distance de la hauteur du théâtre, non par un contre-poids ni aucune machine, mais roule sur une espèce d'escalier en glacis, et reconnoît Arlequin pour son fils et lui fait présent d'une lyre qui doit avoir le même effet que celle d'Orphée. Laquelle lyre est une boîte dans laquelle il y a une espèce de ressort qui rend quelques sons en tournant la poignée, laquelle boîte n'est autre chose qu'un jouet que l'on donne aux petits enfans, et Arlequin pour lors est appelé Orphée le cadet. Ensuite descend du haut des montagnes un sauteur vêtu en singe qui fait différens sauts, et Arlequin, en jouant de sa lyre, l'attire à lui. Descendent ensuite du haut des montagnes sur un escalier en glacis des chasseurs qui pour-


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See also:
Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
, The WWW Virtual Library of Theatre and Drama.
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