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suivent une bête fauve qui est représentée par un sauteur qui, en s'enfuyant, fait différens sauts. Arlequin l'adoucit en sonnant de sa lyre. Paroissent ensuite trois archers qui veulent arrêter Arlequin, lequel, en jouant de sa lyre, les charme et lui donne lieu de se sauver, ce qui compose le premier acte qui est joué tant par les acteurs que par les spectateurs par des écriteaux descendant d'en haut sur lesquels sont écrits des vaudevilles qui composent la pièce : les acteurs font les gestes et par différentes figures pantomimes expriment ce qui est dans les écriteaux, et les spectateurs chantent et dans quelques endroits les acteurs, pour lier les couplets, disent quelques paroles, et quand les écriteaux descendent, quatre violons, une basse, un hautbois forment l'air du vaudeville marqué dans les écriteaux et que le public chante en vaudeville. Que, dans le second acte, descend une toile qui change le théâtre, et au lieu du désert et des montagnes paroît un grand portique par les portes duquel on voit une plaine. Paroît un docteur qui marque à sa fille qu'il la veut marier, laquelle lui fait entendre qu'elle est engagée de parole avec Pierrot ; qu'Arlequin-Orphée sur le théâtre recherche Colombine en mariage, laquelle le refuse et lui marque beaucoup de mépris ; mais Arlequin, en jouant de sa lyre, l'engage à oublier Pierrot pour l'épouser ; que Pierrot paroît ensuite et Colombine lui marque qu'elle ne songe plus à lui, ce qui met Pierrot au désespoir et l'engage à s'aller noyer, mais menace avant Colombine de lui apparoître après sa mort et la tourmenter partout ; qu'ensuite le mariage d'Arlequin et Colombine se fait ; ensuite se fait le festin de la noce où, pour divertir ceux qui sont à table, trois sauteurs dont deux vêtus en femme et un habillé à la turque jouent l'un de la guitare, un autre du violon et le troisième de la harpe, jouent deux airs différens, et celui qui joue de la guitare chante deux ou trois couplets de chansons ; que pendant le repas sort du théâtre par une trappe un sauteur habillé en Pierrot que Colombine prend pour l'ombre de Pierrot, dont elle est si effrayée qu'elle en meurt de peur ; que le père de Colombine engage Arlequin à faire ce que fit autrefois Orphée après la mort de sa femme Eurydice et d'aller comme lui dans les enfers pour l'en retirer ; qu'il se lève une trappe du milieu du théâtre d'où sortent des flammes par le moyen de quelques morceaux de poirasine que l'on jette dans une poêle qui est sous le théâtre ; qu'Arlequin se jette dans cette trappe, ce qui finit le second acte qui est joué comme le premier par des écriteaux où sont des vaudevilles accompagnés de violons ; que les acteurs font des figures pantomimes et les auditeurs chantent les vaudevilles, et pour les lier, les acteurs parlent entre la plupart des vaudevilles. Qu'au troisième acte le théâtre représente une forêt ; que Pierrot, avec un caducée à la main, représente Mercure et rencontre Arlequin qui vient d'arriver dans les enfers ; qu'il paroît des ombres qui sont les âmes des femmes nouvellement descendues aux enfers, lesquelles pour représenter les ombres sont couvertes d'un voile et marquent à Arlequin et à Mercure la cause de leur mort. Ensuite s'élève une toile et l'on voit sur le rivage du Styx quantité d'ombres qui arrivent à Caron dans sa barque qui les passe. Lesquelles ombres sont représentées par des


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See also:
Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
, The WWW Virtual Library of Theatre and Drama.
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