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sauteurs. Ensuite paroit Pluton et Proserpine devant lesquels Arlequin joue de sa lyre et les charme, ce qui les engage à promettre à Arlequin de lui rendre sa femme pour la ramener, à la même condition qu'ils avoient accordée autrefois à Orphée le retour d'Eurydice, qui est qu'il ne retourneroit point la tête pour voir Colombine dont l'ombre est derrière lui qu'il ne fût sorti des enfers : ce qu'Arlequin promet. Mais, ayant manqué à sa parole et ayant regardé derrière lui, Pluton et Proserpine le renvoient sans sa femme. Lequel dernier acte est représenté comme les deux autres par des figures pantomimes, par des écriteaux remplis de vaudevilles chantés par les auditeurs et où, pour les lier, les acteurs parlent entre la plupart des vaudevilles. Ensuite, pour divertir Pluton et Proserpine, les sauteurs qui représentent des ombres font différentes postures montés sur les épaules d'autres sauteurs, font des portiques, ensuite un groupe d'où sort une fontaine, ensuite un chêne. Après quoi un sauteur, vêtu en Scaramouche, fait différens tours d'équilibre par où finit la pièce (1). Dont et de quoi nous avons dressé le présent procès-verbal.

Signé : CATHERINE VONDREBECQ ; MÉNYER.

(Archives des Comm., no 832.)

XVII

L'an 1718, le 17e jour de mars, nous Joseph Aubert, etc., sur le réquisitoire de dame Catherine Vondrebecq, épouse non commune en biens de messire Pierre Chartier, conseiller au Châtelet, nous sommes, sur les six heures du soir, transporté dans la loge des sieur et dame St-Edme, sous le nom dudit Alard, préau de la foire St-Germain, où étant il nous est apparu et avons remarqué que dans l'orchestre il y avoit trois joueurs de violons, un de basse de violon et un de hautbois, lesquels jouoient différens airs pendant la danse de corde ; laquelle étant finie, la toile qui ferme le théâtre a été levée. Le théâtre étoit orné de décorations. Le fond représentoit une montagne de rochers et un soleil ardent. Un Arlequin a paru avec une corde à la main et à haute voix, en parlant, a fait des lazzis comme pour s'étrangler, disant entre autres choses que cette corde étoit une salade de Gascon. Quelques écriteaux sur lesquels étoient des couplets de chansons ont paru. Ensuite un solitaire philosophe a sorti de ces rochers, a empêché Arlequin de s'étrangler et à haute voix lui a demandé la raison de son prétendu désespoir. Il lui a aussi répondu à haute voix que son désespoir étoit la perte de Colombine et par de pareils écriteaux, soutenus par deux petits garçons, que l'on descend du plafond du théâtre, s'est expliqué plus au long. Ce solitaire et Arlequin parlent ensemble à haute voix sur ce sujet. Une fée paroît sortir de ces rochers et par de mêmes écriteaux dont les couplets de chansons sont chantés

(1) Cette pièce est intitulée Arlequin Orphée le cadet ; elle est de Lesage, et a trois actes.


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Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
, The WWW Virtual Library of Theatre and Drama.
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