considérable, traitèrent facilement avec les sieurs Gaillard et Dorfeuille ; et il y a lieu de croire qu'ils diminuèrent de beaucoup leurs prétentions. Ils passèrent des actes devant notaires les 1, 5 et 6 octobre par lesquels les sieurs Gaillard et Dorfeuille parurent avoir acheté et payé 116,523 1. de créances, mais l'acte même fournit la preuve qu'ils n'en ont réellement payé que 23,125 livres, si toutefois cette somme n'est pas, comme on doit le croire, le prix des sacrifices que les créanciers auront faits ; le surplus, montant à la somme de 93,128 livres, est annoncé leur avoir été prêté par un homme qui est leur commis pour leur livre de serrurerie. C'est une ruse dont ils se sont servis pour paroître être les cessionnaires des créanciers et dissimuler les conventions secrètes dont le suppliant et ses associés ne doivent jamais être les victimes. Munis d'un acte authentique en apparence, les sieurs Gaillard et Dorfeuille qui n'avoient pas osé se mettre en possession des salles du suppliant et de ses associés sans cette précaution et qui, conséquemment, n'avoient pu au 1er octobre exercer le privilége que leur avoit concédé l'Opéra de faire jouer la comédie au lieu du suppliant et de ses associés, déclarèrent hautement leurs intentions. Ils annoncèrent qu'en qualité de cessionnaires des créanciers du spectacle des Variétés-Amusantes, ils avoient des droits certains sur leurs salles de spectacle. Ils le servirent de ce vain titre pour en imposer à l'autorité supérieure et forcer le suppliant et ses associés à leur laisser tranquillement envahir leur fortune. La foire St-Laurent finissoit le 10 octobre ; ils voulurent jouer le 11 pour la première fois dans la salle des boulevards. Ils s'emparèrent dès le 7 de la salle et du magasin général et ensuite, désirant avoir en apparence les formes de leur côté, ils firent, le 8 octobre, en vertu de l'ordonnance du sieur Lieutenant général de police appelée au bas de la requête qu'ils lui ont présentée, assigner le suppliant et ses associés à comparoir le 11 devant le magistrat pour voir dire que « 1o Me Vanglenne, commissaire, procéderoit à l'inventaire de tous les objets mobiliers du spectacle et étant dans les trois salles et dans les magasins des Variétés, pour, jusqu'à la clôture de cet inventaire, ces objets mobiliers demeurer en la garde de ceux qui en sont chargés, être ensuite par eux remis aux sieurs Gaillard et Dorfeuille qui s'en chargeront, récolement préalablement fait ; 2o et cependant que dès le jour de cette requête, par provision et sans attendre la clôture de l'inventaire, attendu l'urgence du cas, ils fussent autorisés à le servir, tant de la salle des boulevards que de les décorations, habits, ustensiles, pièces et autres objets pour le jour de la rentrée de ce spectacle sur les boulevards (11 octobre), de la même manière et ainsi que les créanciers dont ils ont acquis les droits, étoient dans celui de s'en servir, et à faire même, dès le moment de cette requête (7 Octobre), les préparatifs pour l'ouverture, aux offres de ne rien dénaturer jusqu'à la clôture de l'inventaire provisoire, aux offres que les sieurs Gaillard et Dorfeuille ont réitérées, par cette requête, d'exécuter les engagemens et marchés faits avec les acteurs et autres sujets avec lesquels il en a été fait par les précédens entrepreneurs et leurs créanciers unis. » Les supplians remarqueront en

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